dimanche 2 novembre 2014

HORS-SÉRIE : NIKI DE SAINT PHALLE



I. Biographie succinte
1) Des débuts peu communs
Nana, Niki de Saint Phalle, sculpture.
Niki de Saint Phalle est une sculptrice, peintre, plasticienne et réalisatrice française née le 29 octobre 1930 et morte le 21 mai 2002 à l’âge de 71 ans.
Elle n’a jamais suivi de formations ni d’apprentissages artistiques. S’inspirant de plusieurs courants de peinture, elle commence à peindre en 1952 selon ses propres méthodes et son propre point de vue. Elle est, durant cette période, enfermée dans un hôpital psychiatrique suite à une grave dépression. Elle dira elle-même : «J’ai commencé à peindre chez les fous.»
Niki est particulièrement connue pour ses séries de tableaux Tirs, et ses sculptures monumentales Nana.

2) Un nouveau courant artistique

Dès 1961, elle rejoint le mouvement du Nouveau Réalisme, fondé par Yves Klein en 1960. Ce mouvement est considéré comme une version française du Pop Art américain, et met en avant le retour à la réalité et l’objet comme matériau, à l’instar des ready-made de Marcel Duchamp.

II. La peinture et les créations plastiques
1) Tir à la carabine
C’est sa manière peu particulière de peindre qui a permis à Niki de se faire connaître dès 1960. Elle suivait toujours le même rituel, parfois accompagnée d’autres artistes.
Pour réaliser son œuvre, elle plaçait dans un endroit abandonné, un terrain vague, au fond d’une cour, une toile peinte en blanc à laquelle était accroché des poches pleines de peinture, de shampoing, ou d’autres substances du même genre. A une certaine distance, et souvent habillée de blanc, elle tirait à la carabine sur les sacs, de manière à ce que les substances se déversent sur la toile.


Peinture au fusil par Niki de Saint Phalle


Elle dira elle-même qu’elle s’imaginait la peinture en train de couler comme du sang coulerait d’un homme blessé. Elle ne tirait par sur une toile, mais sur le Mal. C’était un meurtre sans victime et son geste, aux premiers abords destructeur, devenait créateur.

2) Une enfance marquée
Si elle utilisait cette manière aussi particulière de créer, c’était pour se venger de profondes blessures qu’elle avait subies. En effet, c’est seulement à l’âge de soixante-quatre ans, dans son livre parut en 1994 intitulé Mon Secret, qu’elle révèle qu’elle avait été violée par son père à onze ans. En premier lieu, son travail lui permettait de purger toute la colère et la tristesse qu’elle ressentait à l’époque et d’exprimer son indignation face aux injustices faites sur les personnes innocentes.

III. Présentation d'œuvres
1) Portrait of my lover

Portrait of my lover, 1961, Niki de Saint Phalle
Une de ses œuvres les plus connues, Portrait of My Lover, fait partie de sa série de peinture-arts plastiques Tirs. Pour le réaliser, elle a assemblé sur une toile une chemise volée à un amant plutôt insistant dont elle essayait de se débarrasser et, à la place de la tête, une cible où les visiteurs étaient sensés devoir tirer.

2) Autel du chat mort


Autel du chat mort, peinture et sculpture, 1963
Niki de Saint Phalle

Ce qui est très intéressant chez Niki de Saint Phalle, c’est que dans chaque œuvre elle cherchait à créer de nouvelles formes, de nouvelles couleurs, de nouveaux arrangements entre les différents objets qui formait au final son œuvre. Elle ne s'arrêtait de tirer que lorsqu'elle jugeait que le résultat obtenu était beau.

Autel du chat mort est une de ses créations les plus sombres. Elle est faite d'un autel, au centre duquel on trouve la Vierge Marie. La peinture rouge qui a dégouliné fait penser à du sang. Sur une des parois, un chat est accroché. Cette œuvre l'amènera à se poser de grandes questions à propos d’elle-même et de son travail. Ainsi, elle déclarera : «La peinture était la victime, mais QUI était la victime ? Papa ? Tous les hommes ? Les petits hommes ? Les grands hommes ? Les gros hommes ? Les hommes ? Mon frère John ? Ou alors cette peinture, c’était MOI : est-ce que je me tirais dessus selon un rituel qui me permettait de mourir de ma main et de renaître ? J’étais immortelle !... Je tirais sur moi-même, sur la société et ses injustices. Je tirais sur ma propre violence et sur toutes les violences de tous les temps. En tirant sur ma propre violence, je n’avais plus besoin de la porter avec moi comme un poids...»

Elle jugeait donc qu'en tirant sur "elle-même", elle vengeait toutes les autres personnes des injustices qui pouvaient leur avoir été faites.

III. Conclusion
Pour des raisons de santé, elle s’installe définitivement à La Jolla, en Californie. Elle meurt d’insuffisance respiratoire (due aux poussières de polyester qu’elle utilisait pour ses sculptures) à l’hôpital de San Diego, aux Etats-Unis.


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